«…Dans la
nuit du 19 janvier 1993, les constables Fournier et Landry travaillaient
doublés à la ville de Lachenaie. Vers 02:00, le Sergent Légaré a demandé à ces
deux policiers s’il pouvait les rencontrer.
Arrivés au coin de la Montée Dumais et de la route 640 (endroit dudit rendez-vous), Monsieur Légaré a stationné son camion sur le bord de la route et est monté sur la banquette arrière de l’auto patrouille des deux constables. Monsieur Légaré a informé les deux patrouilleurs qu’il voulait patrouiller avec eux et de rouler.
Monsieur
Légaré a commencé la discussion sur les événements qui s’étaient passés lors du
“Briefing” précédent (voir rapport au dossier). Il
avoua encore une fois aux deux policiers qu’il avait des problèmes et qu’il
avait besoin d’aide. Les constables Landry et Fournier, d’un ton très relaxe, ont à nouveau informé Monsieur
Légaré qu’il était gravement malade et
que ce n’était pas eux qui pourraient régler son problème. De plus, le
Constable Landry a même informé Monsieur Légaré qu’il
n’y avait plus d’issue[1]
et qu’ils allaient rencontrer le Directeur pour le mettre au courant.
A ces dires,
Monsieur Légaré a déclaré, d’un ton qui
devenait arrogant, qu’il y avait trois solutions, soit:
1-
que
le Directeur le change d’équipe (il trouvait cette idée peu probable);
2-
que
le Directeur suspende Monsieur Légaré. Ce dernier a ajouté qu’il n’avait pas
peur, car il connaissait très bien Monsieur Marcotte (Maire) et qu’il était
bien “Plugger” avec celui-ci;
3-
qu’il
le laisse sur la même équipe. Sur ce, Monsieur Légaré a sous-entendu que, si on allait raconter le tout au Directeur et
qu’il devait rester avec nous, il nous en ferait voir des belles et que nous
saurions ça serait quoi être un sergent. Tout en parlant, Monsieur Légaré
donnait des petites claques dans le dos du Constable Fournier dans le but de
l’intimider.
Monsieur
Légaré a continué en voulant faire peur aux
deux constables et, toujours en
haussant le ton, il répétait qu’il était
sergent et qu’il le resterait, quitte à
lui passer sur le corps.
Voyant que la situation était sur le point de dégénérer, le Constable Landry a conduit son
véhicule automobile près de celui du Sergent Légaré, mais ce dernier a déclaré
qu’il était toujours sergent et qu’il ne descendrait pas du véhicule. Les deux
constables ont pris la sage décision de ne plus parler et de le laisser parler
seul. Le Sergent Légaré a continué à parler et à dire qu’ils n’avaient pas fini
s’ils allaient voir le Directeur et a ajouté “Attendez
jeudi prochain”[2].
Après 20 minutes que le Sergent Légaré parlait seul, ce dernier sortit du
véhicule et repartit vers son camion…»