Un des aspects les plus déconcertants de la sentence arbitrale découle de ce passage :

 

«…Le procureur du plaignant a fait ressortir que plusieurs des policiers qui ont témoigné ne plus vouloir travailler avec lui ne sont plus à l’emploi de la Ville de telle sorte que la réintégration de Jean-Pierre Légaré ne causerait aucune difficulté à leur égard. Avec respect, il est impossible de conclure que Jean-Pierre Légaré pourrait avoir un comportement différent avec de nouveaux policiers. Depuis longtemps, il ne réussit pas à s’enten­dre avec les autres policiers, même ceux entrés en fonction après lui, notamment parce qu’il les soupçonne de lui en vouloir. Il est impossible de conclure que la situation pourrait être différente avec de nouveaux policiers. Jean-Pierre Légaré devait changer son attitude à lui et non celle des autres. …»

 

Tiré de la sentence arbitrale Page 101 et 102

 

 

 

 

JEAN-PIERRE LEBLANC

Contre-interrogatoire

Me Mario Létourneau

 

«         

 

Q         Alors après Paterson, tous ceux qui ont suivi, en quelque sorte, si je comprends bien, vous aviez tous, vous aviez les mêmes instructions de la part de tout ce monde-là : «  Si vous avez quelque chose contre Légaré, écrivez-le »?

 

R          Oui.

 

Q         Et ça concernait strictement Légaré, ça, vous n’aviez pas les mêmes instructions concernant quelque autre policier que ce soit ici?

 

R          Non.

 

Q         Et les mêmes instructions ont été données, à votre connaissance, n’est-ce pas, à vos collègues, c’était des instructions qui s’adressaient à tout le poste?

 

R          Et voilà.

 

Q         «  Qui que ce soit dans le poste qui a quelque chose contre Légaré, écrivez-le »?

 

R          Bon, remarquez que ça aurait pu être un autre mais là c’était…

 

Q         Mais ça, c’était Légaré. Vous n’avez jamais de semblables instructions concernant un autre que Légaré?

 

R          Non, parce qu’il n’y a jamais rien eu de majeur qui s’est produit avec d’autres.

 

[…]

 

Q         Ces instructions là que vous aviez, que vous avez eues de ceux qui se sont succédé, concernant Légaré, d’écrire à chaque fois que vous aviez quelque chose contre Légaré, vous saviez que c’était pour monter un dossier contre lui?

 

R            Éventuellement, oui.

 

[…]

 

Q         Alors, pendant toutes ces années-là, en fait, vous saviez, et les autres policiers savaient, que la direction avait Légaré dans son collimateur?

 

R          Bien, on le savait, c’est parce qu’il y a des événements qui se sont produits avec tout ça puis, oui, effectivement, on nous avait dit, je ne vous dit pas qu’on nous a dit ça en groupe…»

 

Souce : Notes stenographiques : Vol 12 p. 2532 à 2535

 

 

 

JEAN-PIERRE LEBLANC

Interrogatoire

Me Jacques Audette

 

R.         Puis il m’avait dit à un moment donné : « Je vais t’essayer. * Puis moi, ça m’a comme provoqué puis...

 

Q.        « Je vais t’essayer? »

 

R.         « Je vais t’essayer.  »  Puis je lui avais dit : « N’importe quand. » Ça, je me souviens de ça.

 

Q.        C’est le bœuf contre la chèvre, c’est de ça qu’on parle?

 

R.         Je ne le sais pas sur quelle manière qu’il avait dit ça « Je vais t’essayer », je ne pourrais pas vous le dire.

 

Q.        Qu’est-ce que ça vous a fait, vous?

 

R.         Bien moi, je n’ai pas aimé. Je n’ai pas aimé, surtout les autres policiers qui étaient dans 1e bureau savaient bien que, puis ils savent que je ne suis pas un gars qui a fait le plus de troubles au poste; puis ils n’ont pas comme accepté le fait que Jean-Pierre m’ait dit ça.

 

Q.        O.K. Ça fait que là, qu’est-ce qui arrive ensuite?

 

R.         Bien, ce qui arrive ensuite, après le briefing, monsieur Légaré, il a voulu me rencontrer puis moi,  j’étais comme choqué de tout ça puis je lui ai demandé d’embarquer sur la route. Ça fait que c’est ce qu’il a fait, monsieur Légaré, il a pris ses affaires puis il a pris son véhicule puis il s’est en allé faire son travail.

 

Q.        Il ne vous a pas parlé?

 

R.         Oui, il voulait se rétracter, si on veut. Monsieur

Légaré m’a dit : « Écoute, ce n’est pas tout à fait ça que j’ai voulu dire... »,  puis tout ça; puis moi, j’étais encore sur le choc puis j’ai dit :  « Non, je n’ai rien à te dire là, prends tes affaires puis va-t’­en sur la route, Jean-Pierre. »   Puis c’est ce qu’il a fait.

 

Q.        Avez-vous reparlé de ça par la suite?

 

R.         Le lendemain, le lendemain ou le surlendemain. Ça, c’est arrivé la trois (3) avril, ce que je viens de relater.

 

Q.        Oui.

 

R.

                        « Puis en date du cinq (5) avril, vers huit heures cinquante (8 h 50). après le briefing, monsieur Légaré est resté puis il a demandé à me parler. Et puis, il. m’a dit à ce moment-là qu’il regrettait sincèrement de s’avoir exprimé ainsi, ne pensant pas que son ton de voix avait changé de telle sorte puis il me dit qu’il se sent persécuté de ses confrères comme s’ils lui en voulaient. »

 

 

            Puis moi, je lui ai dit que les gars, qu’ils n’avaient rien contre lui mais j’ai dit : « Mets-toi à la place des gars, Jean-Pierre, tu prends des notes sur tout. On dit de quoi, tu prends des notes sur tout. Ça fait que comment est-ce que tu penses que nous, on peut se sentir en tant que policiers puis confrères? On veut t’aider puis d’un autre bord, bien que ce soit madame Saint-André, que ce soit Serge Talbot, que ce soit André Dumouchel, les gars ne veulent plus travailler, ils se sentent persécutés. » Ça s’est pas mal terminé que comment est-ce que tu penses que nous, on peut se sentir en tant que policiers puis confrères? On veut t’aider puis d’un autre bord, bien que ce soit madame Saint-André, que ce soit Serge Talbot, que ce soit André Dumouchel, les gars ne veulent plus travailler, ils se sentent persécutés. » Ça s’est pas mal terminé là-dessus.

 

ID

Matricule

Nom

Prénom

Sujet

Référence

Notes sténographiques

Onglet

Priorité

226

12 Leblanc Jean-Pierre Onglet 78 « M'as t'essayer, mon Leblanc » Vol 12 P. 2504 à 2506

 

78,00

 

 

JEAN-PIERRE LEBLANC

Contre-interrogatoire

Me Mario Létourneau

 

«         

Q         Vous étiez mal à l’aise de donner des ordres à votre ancien sergent?

 

R          Si on veut.

 

Q         Vous avez mentionné que monsieur Légaré à un moment donné, a été convoqué a été convoqué à l’Institut de police pour passer des examens?

 

R          Oui.

 

Q         Et qu’il manquait de temps. Effectivement, vous vous souvenez, n’est-ce pas, qu’il a été convoqué pour passer ces examens-là à la toute fin d’une semaine et que c’était pour le lundi qui suivait?

 

R          Oui, je crois que c’est ça.

 

[…]

 

Q         Vous avez jugé bon de suggérer à votre équipe de faire ses plaintes pour lui permettre d’étudier?

 

R          Oui.

 

Q         Vous considérez donc que c’était absolument insuffisant, le temps qui lui était donné pour passer ses examens?

 

R          Selon moi, oui.

 

Q         Quand monsieur Légaré vous disait que vous preniez sa place et qu’un jour, c’était pour lui revenir, ce n’était pas menaçant, ce qu’il vous disait, c’était une constatation, c’était un espoir qu’il exprimait?

 

R          Si on veut.

 

Q         Vous pouvez comprendre qu’il espère ravoir sa,  maintenant, ce n’est plus rien que son grade, c’est sa job? [1]

 

R          Oui.

 

Q         Vous pouvez comprendre cela?

 

R            Absolument.

 

Q         Et vous ne l’avez pas pris comme une menace ou un reproche à votre endroit, plutôt comme un souhait de sa part et un espoir?

 

R          C’était plutôt un souhait de sa part, oui            …»

 

 

ID

Matricule

Nom

Prénom

Sujet

Référence

Notes sténographiques

Onglet

Priorité

115

12 Leblanc Jean-Pierre Malaise de donner ordres à son ancien sergent Vol 12 p. 2528, 2529, 2530

 

0,00

 


Voir : Prétentions fausses de Leblanc d'avoir travaillé sous la supervision du plaignant

 

JEAN_GUY VERMETTE
Interrogatoire Me Jacques Audette

"…

R Et puis là, je me souviens, monsieur Paterson, à l'époque avait dit : " Nous allons mettre monsieur Légaré sur chaque équipe, c'est à dire on est quatre relèves, trois mois par équipe ", pour que monsieur Légaré puisse faire le tour des relèves puis qu'il ait un suivi, une évaluation par chaque chargé de relève à ce moment-là.

Q Ça, c'est à quelle époque, que monsieur Paterson dit ça?

R En quatre-vingt-treize (93), je pense. …"

Témoignage Jean-Guy Vermette Volume 12 page 2567


Conséquences:

Suite à ces considérations vis à vis le plaignant, celui-ci a été transféré sur une autre équipe dirigée par le sergent Jean-Guy Vermette. A la page 95, section 4,11.1 l'arbitre Me Denis Gagnon ajoute : "…Jean-Guy Vermette avise Jean-Pierre Légaré du mode d'intervention qu'il adoptera, qu'il fera un suivi étroit. N'en déplaise à Jean-Pierre Légaré, il devait le suivre étroitement et lui noter ses exigences à chaque fois qu'il en aurait. Ce n'est pas de l'acharnement, mais la gestion serrée d'un policier qui a un comportement difficile. …»

On verra quel genre de suivi le plaignant a subi de Jean-Guy Vermette.

.

 

 



[1] Maintenant c’est sa santé, surtout celle de sa femme,  sa maison, son crédit financier etc