«
Le procureur du plaignant a fait ressortir que plusieurs des policiers qui ont témoigné ne plus vouloir
travailler avec lui ne sont plus à lemploi de la Ville de telle sorte que la réintégration de Jean-Pierre Légaré ne
causerait aucune difficulté à leur égard. Avec respect, il est impossible de conclure que Jean-Pierre Légaré
pourrait avoir un comportement différent avec de nouveaux policiers. Depuis longtemps, il ne réussit pas à
sentendre avec les autres policiers, même ceux entrés en fonction après lui, notamment parce quil les
soupçonne de lui en vouloir. Il est impossible de conclure que la situation pourrait être différente avec de
nouveaux policiers. Jean-Pierre Légaré devait changer son attitude à lui et non celle des autres.
»
JEAN-PIERRE LEBLANC
Contre-interrogatoire
Me Mario Létourneau
«
Q Alors après Paterson, tous ceux qui ont suivi, en quelque sorte, si je comprends bien, vous aviez tous,
vous aviez les mêmes instructions de la part de tout ce monde-là : « Si vous avez quelque chose contre Légaré, écrivez-le »?
R Oui.
Q Et ça concernait strictement Légaré, ça, vous naviez pas les mêmes instructions concernant quelque autre
policier que ce soit ici?
R Non.
Q Et les mêmes instructions ont été données, à votre connaissance, nest-ce pas, à vos collègues, cétait des
instructions qui sadressaient à tout le poste?
R Et voilà.
Q « Qui que ce soit dans le poste qui a quelque chose contre Légaré, écrivez-le »?
R Bon, remarquez que ça aurait pu être un autre mais là cétait
Q Mais ça, cétait Légaré. Vous navez jamais de semblables instructions concernant un autre que Légaré?
R Non, parce quil ny a jamais rien eu de majeur qui sest produit avec dautres.
[
]
Q Ces instructions là que vous aviez, que vous avez eues de ceux qui se sont succédé, concernant
Légaré, décrire à chaque fois que vous aviez quelque chose contre Légaré, vous saviez que cétait pour monter un dossier
contre lui?
R Éventuellement, oui.
[
]
Q Alors, pendant toutes ces années-là, en fait, vous saviez, et les autres policiers savaient, que la
direction avait Légaré dans son collimateur?
R Bien, on le savait, cest parce quil y a des événements qui se sont produits avec tout ça puis,
oui, effectivement, on nous avait dit, je ne vous dit pas quon nous a dit ça en groupe
»
JEAN-PIERRE LEBLANC
Interrogatoire
Me Jacques Audette
R. Puis il mavait dit à un moment donné : « Je vais tessayer. * Puis moi, ça ma comme provoqué puis...
Q. « Je vais tessayer? »
R. « Je vais tessayer. » Puis je lui avais dit : « Nimporte quand. » Ça, je me souviens de
ça.
Q. Cest le buf contre la chèvre, cest de ça quon parle?
R. Je ne le sais pas sur quelle manière quil avait dit ça « Je vais tessayer », je ne pourrais pas vous le dire.
Q. Quest-ce que ça vous a fait, vous?
R. Bien moi, je nai pas aimé. Je nai pas aimé, surtout les autres policiers qui étaient dans 1e bureau
savaient bien que, puis ils savent que je ne suis pas un gars qui a fait le plus de troubles au poste; puis ils nont pas comme
accepté le fait que Jean-Pierre mait dit ça.
Q. O.K. Ça fait que là, quest-ce qui arrive ensuite?
R. Bien, ce qui arrive ensuite, après le briefing, monsieur Légaré, il a voulu me rencontrer puis moi,
jétais comme choqué de tout ça puis je lui ai demandé dembarquer sur la route. Ça fait que cest ce quil a fait, monsieur
Légaré, il a pris ses affaires puis il a pris son véhicule puis il sest en allé faire son travail.
Q. Il ne vous a pas parlé?
R. Oui, il voulait se rétracter, si on veut. Monsieur
Légaré ma dit : « Écoute, ce nest pas tout à fait ça que jai voulu dire... », puis tout ça; puis moi, jétais encore
sur le choc puis jai dit : « Non, je nai rien à te dire là, prends tes affaires puis va-ten sur la route, Jean-Pierre. »
Puis cest ce quil a fait.
Q. Avez-vous reparlé de ça par la suite?
R. Le lendemain, le lendemain ou le surlendemain. Ça, cest arrivé la trois (3) avril, ce que je viens de
relater.
Q. Oui.
R.
« Puis en date du cinq (5) avril, vers huit heures cinquante (8 h 50). après le
briefing, monsieur Légaré est resté puis il a demandé à me parler. Et puis, il. ma dit à ce moment-là quil
regrettait sincèrement de savoir exprimé ainsi, ne pensant pas que son ton de voix avait changé de telle sorte puis
il me dit quil se sent persécuté de ses confrères comme sils lui en voulaient. »
Puis moi, je lui ai dit que les gars, quils navaient rien contre lui mais jai dit : « Mets-toi à la place des
gars, Jean-Pierre, tu prends des notes sur tout. On dit de quoi, tu prends des notes sur tout. Ça fait que comment est-ce que
tu penses que nous, on peut se sentir en tant que policiers puis confrères? On veut taider puis dun autre bord, bien que ce
soit madame Saint-André, que ce soit Serge Talbot, que ce soit André Dumouchel, les gars ne veulent plus travailler, ils se
sentent persécutés. » Ça sest pas mal terminé que comment est-ce que tu penses que nous, on peut se sentir en tant que
policiers puis confrères? On veut taider puis dun autre bord, bien que ce soit madame Saint-André, que ce soit Serge
Talbot, que ce soit André Dumouchel, les gars ne veulent plus travailler, ils se sentent persécutés. » Ça sest pas mal
terminé là-dessus.
ID
|
Matricule
| Nom
| Prénom
| Sujet
|
Référence
| Notes
sténographiques
|
Onglet
|
Priorité
|
226
| 12
|
Leblanc
|
Jean-Pierre
| Onglet 78
« M'as
t'essayer, mon
Leblanc »
| Vol 12 P.
2504 à 2506
| | 78,00
| |
Contre-interrogatoire
Me Mario Létourneau
«
Q Vous étiez mal à laise de donner des ordres à votre ancien sergent?
R Si on veut.
Q Vous avez mentionné que monsieur Légaré à un moment donné, a été convoqué a été convoqué à
lInstitut de police pour passer des examens?
R Oui.
Q Et quil manquait de temps. Effectivement, vous vous souvenez, nest-ce pas, quil a été convoqué pour
passer ces examens-là à la toute fin dune semaine et que cétait pour le lundi qui suivait?
R Oui, je crois que cest ça.
[
]
Q Vous avez jugé bon de suggérer à votre équipe de faire ses plaintes pour lui permettre détudier?
R Oui.
Q Vous considérez donc que cétait absolument insuffisant, le temps qui lui était donné pour passer ses
examens?
R Selon moi, oui.
Q Quand monsieur Légaré vous disait que vous preniez sa place et quun jour, cétait pour lui revenir, ce
nétait pas menaçant, ce quil vous disait, cétait une constatation, cétait un espoir quil exprimait?
R Si on veut.
Q Vous pouvez comprendre quil espère ravoir sa, maintenant, ce nest plus rien que son grade,
cest sa job? [1]
R Oui.
Q Vous pouvez comprendre cela?
R Absolument.
Q Et vous ne lavez pas pris comme une menace ou un reproche à votre endroit, plutôt comme un
souhait de sa part et un espoir?
R Cétait plutôt un souhait de sa part, oui
»
ID
|
Matricule
| Nom
| Prénom
| Sujet
| Référence
| Notes
sténographiques
|
Onglet
|
Priorité
|
115
| 12
|
Leblanc
|
Jean-Pierre
| Malaise
de donner
ordres à son
ancien sergent
| Vol 12 p.
2528, 2529,
2530
| | 0,00
| |
JEAN_GUY VERMETTE
Interrogatoire Me Jacques Audette
"
R Et puis là, je me souviens, monsieur Paterson, à l'époque avait dit : " Nous allons mettre monsieur Légaré sur chaque
équipe, c'est à dire on est quatre relèves, trois mois par équipe ", pour que monsieur Légaré puisse faire le tour des relèves
puis qu'il ait un suivi, une évaluation par chaque chargé de relève à ce moment-là.
Q Ça, c'est à quelle époque, que monsieur Paterson dit ça?
R En quatre-vingt-treize (93), je pense.
"
Témoignage Jean-Guy Vermette Volume 12 page 2567
Suite à ces considérations vis à vis le plaignant, celui-ci a été transféré sur une autre équipe dirigée par le sergent Jean-Guy Vermette. A la page 95, section 4,11.1 l'arbitre Me Denis Gagnon ajoute : " Jean-Guy Vermette avise Jean-Pierre Légaré du mode d'intervention qu'il adoptera, qu'il fera un suivi étroit. N'en déplaise à Jean-Pierre Légaré, il devait le suivre étroitement et lui noter ses exigences à chaque fois qu'il en aurait. Ce n'est pas de l'acharnement, mais la gestion serrée d'un policier qui a un comportement difficile. »
On verra quel genre de suivi le plaignant a subi de Jean-Guy Vermette.
.
[1] Maintenant cest sa santé, surtout celle de sa femme, sa maison, son crédit
financier etc